Excédée par la pluie et le vent parisien, je pousse la porte du premier troquet sur mon chemin pour enfin me retrouver au chaud. Mon visage croise un miroir : mes cheveux dégoulinants et mon maquillage en vrac me donne l’air d’une ado paumée. Pour éviter la déprime, je quitte cette triste vision pour dévisager mes camarades d’infortunes, venus se réfugier comme moi à l’abri de ces températures automnales.
Je m’assoies seule sur un vieux sofa, délabré mais confortable, et commande un café. Ça a l’air de faire chier le serveur mais tant pis, le client est roi non ? Mon esprit commence à divaguer derrière les vitres embuées et je me surprend à observer les passants et à rêver d’être à leur place qui est sûrement mieux que la mienne. Le serveur me sort de ma rêverie : ha mon café ! Je l’enlace de mes doigts gourds que je n’arrive pas réchauffer, et au moment de porter la tasse à mes lèvres, je ressens le sentiment désagréable d’être observée. Je lève les yeux et devant moi se dessine la silhouette d’un jeune homme. Ses yeux bleus sont aussi délavés que son jean et me fixent avec insistance. Je déteste que l’on me dévisage mais je ne sais pourquoi, je lui offre un sourire timide et retourne à la dégustation de mon breuvage caféiné. Breuvage complètement dégueu, je m’en doutais, Paris est plutôt réputé pour la baguette niveau petit-déj.
Il me fixe encore, je le sens. Il a du me voir faire la grimace et doit me prendre pour une de ces bourgeoises jamais contente du service. Mais qu’est-ce qui me prend ? Je m’en fous de ce qu’il pense ce naze, je ne le connais même pas. J’essaye de lever les yeux discrètement pour l’observer… raté, il m’a vue. Par contre, lui ne se gène pas niveau observation, il s’octroie même le droit de me sourire de toutes ses dents. Bon… Je me rend compte qu’il est plus que mignon… J’hésite : je suis coincée là, autant faire contre mauvaise fortune bon coeur.
Je file aux toilettes, relève mes cheveux trempés et essuie mon visage noir de mascara. Toute tentative de séduction doit mériter quelques efforts physiques tout de même. Bon, je ne suis pas Miss France mais on va dire que ça passe. Je retourne au bar et m’arrange pour être tout près du jeune homme au regard blue jean au moment de demander l’addition. Je paye et me retourne face à lui, lui adressant mon plus joli sourire. Bingo, il me le rend. Et me demande mon prénom. Et m’invite à boire un café digne de ce nom dans son humble demeure situé à deux pas d’ici.
Ça tombe bien, il a une Tassimo !
Ce texte est ma participation au concours de Chocoladdict.
Image : We Heart It



12 décembre 2011 at 13:11
ça m’a tout l’air d’une histoire vraie…bises venteuses, ludev
12 décembre 2011 at 20:35
Et bien pas du tout figure-toi ! J’ai tout inventé.
12 décembre 2011 at 16:24
[...] La vie rêvée d’une fée en profite pour faire une charmante rencontre [...]
12 décembre 2011 at 17:29
Dis, tu veux pas écrire mon roman à ma place
12 décembre 2011 at 20:37
Tu n’es pas la première à me faire une réflexion du genre, je ne me trouve pas de talent particulier, surtout que pour écrire un roman il faut du temps et beaucoooooooooooup d’imagination. Et je te tire mon chapeau de te lancer dans une telle aventure
14 décembre 2011 at 21:50
ou alors, il y a les nouvelles!!!
bonne plume à toi -toujours dans le vent,
Ludev
26 décembre 2011 at 13:01
Oui, pas mal les nouvelles, c’est moins compliqué et en les compilant, on peut en faire un recueil. Je vais y penser.